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Cézanne Posté le 20/09/2018 - Par TL CONFÉRENCES

Paul Cézanne (1839 – 1906)

Il est considéré comme le père de tous les grands de l’art moderne,et comme un post-impressionniste. Contrairement à Renoir, il réfléchit constamment à la peinture, toutes ses toiles ont ont été refusées au Salon. Il peint sur le motif, il fragmente la touche, il n’aime pas ce qui est fugitif et instantané, il voulait faire un art « solide comme celui des musées« . Il cherche à synthétiser différents moments dans une même toile, mais pas une lumière particulière.

Il ne s’intéresse pas aux sujets de la vie moderne (il réalise des paysages, des nus, des portraits) alors que les autres font des reportages de la vie moderne.
Il n’aime pas les « japonaiseries« . Il est très attaché à dire la troisième dimension, mais avec d’autres techniques. Il peint avec une extrême lenteur. Il n’a jamais voyagé (en dehors d’Aix et de Paris). Son approche de la peinture est différente de celle des impressionnistes.

 

Paul Cézanne – Autoportrait (1866)

Auto portrait 1866. Difficulté dans les rapports sociaux, la peinture n’a été que son unique raison d’être et a mobilisé toute son énergie. Il ne veut pas être distrait.

 

Paul Cézanne – Portrait de son père (1866) Galerie nationale d’art, Washington

Père de Cézanne Louis-Auguste en 1866. Il n’a jamais compris son fils. Grand format (2m de hauteur). Il a remplacé le journal conservateur de son père par le L’événement journal libéral, qui a édité des articles de son ami d’enfance, Émile Zola, à l’arrière plan une nature morte de Cézanne. En fait c’est un portrait curieusement tendre. Cézanne semble voir son père comme il a rêvé qu’il fut. Nous ne voyons pas ses yeux seulement la bouche ironique.

Cezanne fit toutes ses études à Aix, acquérant une solide culture classique et se liant d’une profonde amitié avec quelques-uns de ses camarades de collège, au premier rang desquels Émile Zola, alors son confident le plus intime. Son père le destinait au droit, et il s’inscrivit à la faculté d’Aix en 1858. Sa vocation artistique était pourtant déjà suffisamment affirmée (il avait suivi les cours de l’école gratuite de dessin depuis 1857) pour qu’il songe à aller étudier la peinture à Paris.. Il prend des cours à l’école d’Aix échange de lettres avec Zola qui part à Paris. Cézanne va faire deux années de droit à Aix, il copie des œuvres au musée Granet. Son père achète la propriété du Jaz de Bouffan (ancienne résidence d’été des gouverneurs de Provence).
Il rejoint Paris et s’inscrit à l’académie Suisse, il y rencontre C. Pissarro, C. Monet et A. Renoir. Il passe beaucoup de temps au Louvre, il est refusé à l’école des beaux arts et retourne à Aix.
Retour à Paris, encore refusé à l’école des beaux arts, participe aux réunions des jeunes peintres qu café Guerbois, il ne se sent pas intégré au groupe, il déteste les conversations politiques. Aller retour entre Paris et Aix.
Les toutes premières œuvres de Cézanne n’ont pas grand chose à voir avec celles de ses amis impressionnistes, dont il ne partage alors que l’ambition, le désir de nouveauté, et la révolte contre les normes académiques.

De 1862 à 1870 « période couillarde« , et que les historiens nomment sa période romantique ou sa phase baroque, influencée par les baroques italiens ou espagnols.

Durant cette période, Cézanne peint des tableaux lourds de matière, dans lesquels il développe des scènes imaginaires, sombres et violentes. Toutes ses toiles seront refusées au Salon.

 

Paul Cézanne – L’enlèvement (1867) Fitzwilliam Museum,Cambridge

L’enlèvement 1867
Il est d’abord séduit par le romantisme de Delacroix, et fait entrer dans ses sujets et ses compositions les obsessions qui l’habitent (Sensualité refoulée du jeune Cézanne). La violence dramatique de ses sujets est rendue par des couleurs sombres.

 

Paul Cézanne – Le festin (1867) Fitzwilliam Museum,Cambridge

1867 le festin ou l’orgie il est toujours influencé par les artistes classiques

 

Paul Cézanne – Une moderne Olympia (1869) Collection privée

1869 une moderne Olympia (première version). Une réponse à l’Olympia de Manet. Il se représente au premier plan vu de dos. Pose de la jeune femme étonnante, comme surprise, la couleur blanche est centrale et le reste plus sombre. Voir commentaire.

 

Vient ensuite la période « impressionniste », sous l’influence de Pissarro, auprès duquel il s’installe à Auvers-sur-Oise, vers 1872-1873

Il y fréquente Van Gogh, Guillaumin et le docteur Gachet. Dans ses œuvres d’alors, le ton, par touches toujours épaisses mais plus subtiles que dans la période romantique, se substitue au modelé classique, sa palette s’éclaircit.
Durant la guerre de 1870 il est à l’Estaque avec sa femme Hortense Fiquet.

La rencontre avec Pissarro Cézanne peint aux côtés de Camille Pissarro et les deux artistes s’influencent mutuellement. Pendant cette période qui durera onze ans, Cézanne peint souvent à Auvers-sur-Oise où il s’installe pour un temps avec Hortense et le petit Paul.

Pissarro, doté d’un tempérament calme, au contraire du jeune Aixois – qui se comporte comme un écorché vif – exécute, lui, de petits paysages à la Corot. Entre les deux hommes se noue une amitié qui durera une vingtaine d’années. Camille et Paul ont en commun l’indépendance d’esprit et le refus de l’académisme.
Le paysage et la lumière du Vexin, aux antipodes de ceux de sa Provence natale, apportent au rebelle l’apaisement. Paul et Camille peignent de concert, pas obligatoirement sur les mêmes motifs, mais côte à côte, dans la nature ou en atelier. Il lui fait abandonner ses couleurs sombres et lui apprend à procéder par petites touches. Il s’est apaisé, et il a progressé très vite.

En 1902, il exprimera sa dette à l’égard de Pissarro. «Ce fut un père pour moi, dira-t-il. C’était un homme à consulter et quelque chose comme le bon Dieu

 

Paul Cézanne – Une moderne Olympia (1873-1874) Musée d’Orsay

Quelques années plus tard, Cézanne abordé ce thème une fois de plus, mais cette deuxième version était très différente, très lumineuse, avec des couleurs éclatantes et son exécution brillante qui rappellent des tableaux de Fragonard. A cette époque, le style de Cézanne se déplaçait vers l’impressionnisme. La critique a été très acerbe (délire du peintre). Voir un commentaire.

 

Paul Cézanne – La tentation de Saint Antoine (première version) (1875) Musée d’Orsay

La tentation de saint Antoine approche très ronde peinture épaisse. A l’instar de Courbet ou de Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Cézanne. Il peint la tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert.

 

Paul Cézanne – La tentation de Saint Antoine (deuxième version) (1877) Musée d’Orsay

La sensualité de Cézanne va ensuite s’atténuer, il gardera une grande appréhension vis à vis des femmes, malgré son mariage avec Horthence Fliquet (phobie vis à vis du corps Féminin).

 

Paul Cézanne – L’éternel féminin (1877) The J. Paul Getty Museum, Los Angeles

Femme au centre observée par un groupe d’homme qui ont des fonctions spécifiques (évêque, musicien etc.) rigueur géométrique, axe de symétrie verticale, horizontal en haut. Étrange peinture, plutôt baroque et un brin provocateur, elle traduit certaines obsessions sexuelles du peintre, tout à fait contemporaines à situer entre l’Olympia (1863) de Manet et les poses langoureuses des Polynésiennes de Gauguin.

 

Paul Cézanne – Autoportrait (1873) Musée du Jeu de Paume Paris

1873 autoportrait. Comme il peignait très lentement, il était difficile pour Cézanne de trouver des modèles suffisamment patients… Cela aussi explique aussi ses nombreux autoportraits. C’est le portrait d’un homme à l’aspect bourru la peinture est épaisse.

 

Paul Cézanne – La maison du pendu (1873) Musée d’Orsay Paris

Maison du pendu à Auvers- sur-Oise, où rencontre le docteur Gachet. C’est un des seuls tableaux vendu à la première exposition impressionniste. Il fait connaissance du père Tanguy, marchand de couleurs chez qui il rencontre Van Gogh.

Il présente 16 tableaux à la 3ieme exposition impressionniste tous sont très critiqués. Son père réduit sa pension, Zola lui vient en aide. Il visite Zola à Médan, nouveau refus au Salon, il décide de ne plus présenter de tableaux.
Rupture avec Zola après la parution de l’œuvre. (Après avoir lu le livre, il écrit sa dernière lettre à Zola et termine par ses mots : « Tout à toi sous l’impulsion des temps écoulés ».). En 1886, il épouse Hortense, son père meurt, période de plénitude artistique ensuite.

En 1895, la rétrospective organisée par Ambroise Vollard, jeune marchand d’art de 27 ans, où 150 de ses œuvres sont exposées, allait marquer un tournant pour Cézanne, jusqu’alors rejeté au Salon et peu apprécié lors des expositions impressionnistes. Cézanne est alors découvert : par ses anciens amis, qui ignoraient en fait beaucoup de son évolution, mais aussi par de jeunes artistes pour qui il est un point d’ancrage, une référence immédiate.

– En 1899 vente du Jaz de Bouffan et emménagement rue Boulegon,

– En 1902 aménagement dans son nouvel atelier et mort de Zola.

– Il meurt en 1906 suite à une pneumonie.

Entre 1902 et 1906 de nombreux jeunes artistes venaient à Aix rencontrer le maître.

En 1907 le Salon d’automne présente une grande rétrospective de son travail. C’est cette exposition qui a ébranlé beaucoup de peintres de cette époque (Picasso et Matisse).

 

Paul Cézanne – Autoportrait au bonnet blanc (1875-1877) Munich, Neue Pinakothek

Autoportrait 1877 portrait de l’artiste en bonnet blanc.

 

Les natures mortes

 

C’est un genre très pratiqué depuis Le Caravage au XVIIéme. Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, elles sont ensuite devenues l’un des traits caractéristiques de son génie. Il renouvelle le genre par son approche.

 

Paul Cézanne – La pendule noire (1870) Musée d’Orsay

 

Chaque objet s’encastre dans l’ordonnance du tableau tout en se distinguant des autres. Beaucoup de verticales qui sculptent le premier plan, des horizontales le plan de la table et le dessus de la pendule (qui n’a pas d’aiguilles). L’ouverture béante et organique du coquillage offre un contraste prononcé avec le marbre froid de la pendule, élément baroque, très humain. Il sait révéler la présence des objets dans un espace clos les éléments sont liés organiquement.

 

Paul Cézanne – Vase de fleurs (1883 – 1887) Musée d’Orsay

 

Vase de fleurs 1883 – 1887

 

Paul Cézanne – Compotiers (1879 – 1882) Museum of Modern Art, New York

 

Il s’efforce de rendre sa toile vivante. Il décentre le compotier il équilibre la composition des fruits, il ne veut pas hiérarchiser, la déformation du compotier permet de voir les fruits à l’intérieur, le plan de la table est oblique, pas de hiéarchies entre les objets, il fait fusionner le compotier et le linge blanc, le fond comme les pommes sont traités avec des coups de pinceaux. Il accroche la lumière au premier plan et il organise le tableau en fonction de ce point central.

 

Paul Cézanne – Nature morte avec l’amour en plâtre (1895) Nationalmuseum, Stockholm, Sweden

 

Il organise les éléments qui sont autour avec le mépris de la perspective. Les fruits sont en déséquilibre, ils se projettent vers l’avant, le rideau imprimé a été traité en noir et blanc (harmonie avec le plâtre), les fruits captent la lumière, échos en arrière plan. Il reste des morceaux de non peint à l’arrière plan (art de dynamiser une nature morte).
Les choses sont déséquilibrées et la stabilité picturale est réalisée par les couleurs.

 

Paul Cézanne – Nature morte avec l’amour en plâtre (1895) Courtauld Institute of Art, Londres

 

Autre version torsion du corps de Cupidon qui symbolise l’amour, l’espace environnant tournoie également, les éléments géométriques basculent à l’arrière plan.
Cézanne regarde le réel mais il le reconstruit en prenant des éléments qui guident ses sensations, pour arriver à un tableau autonome qui ait sa vie propre. Il déséquilibre et rééquilibre le tout avec la couleur. Les couleurs fortes circulation colorée qui se fait à droite.
Il ne dessinait pas avant de peindre. Pour lui, le dessin et la couleur ne sont pas distincts.

 

Paul Cézanne – Nature morte aux oignons (1896 et 1898) Musée d’Orsay

 

Nature morte aux oignons (1896 et 1898) Musée d’orsay.
Chaque objet a sa perspective propre. Tous les blancs sont orientés vers la droite et rééquilibrent le tableau.

 

Paul Cézanne – Nature morte aux pommes (1898) MoMA New York

 

Nature morte aux pommes Moma 1898
Drapé au fond des non peints en haut à gauche, mettre en mouvement qq chose d’innanimé. Fruit jaune au premier plan, il n’enferme pas les objets dans un cerne, il cerne puis il ouvre le cerne pour que la forme soit en communication avec le reste effet de vibration.

 

Paul Cézanne – Nature morte au rideau (1899) Musée de l’Hermitage Léningrad

 

Très belle composition en triangle dominée par blanc le pichets assiette et drapé au premier plan. Le rideau à fleur apporte sa souplesse. Matisse a été très influencé par cézanne.
A première vue, cette peinture semble une représentation relativement simple d’un classique morte sujet, mais sur les anomalies apparaissent après un examen plus approfondi. Le compotier de fruits, par exemple, est incliné de telle sorte qu’il menace de glisser vers l’observateur. De même, la table est inclinée vers la gauche, et la perspective du côté de la table est de travers. Parfois, nous semblons être à la recherche, des objets, comme si l’artiste avait changé son point de vue. Il n’y a rien d’arbitraire dans les libertés que Cézanne a prises. Au contraire, par sa manière subtile d’ajuster les choses et les harmonies de couleur – avec une précision presque scientifique – il a réussi à donner vie à la composition et nous donne une meilleure perception des formes dans l’espace.

 

Paul Cézanne – Pomme et oranges (1899) Musée d’Orsay Paris

 

Grande maîtrise des questions qu’ils se pose rideaux à l’arrière plan, le pient et le non peint (à gauche) la masse blanche est très structurée, les pommes dans une situation instable notre regard circule partout dans la toile pas de hiérarchisation du centre d’intérêt, rien n’est secondaire. Notre regard circule comme dans la réalité.