Paul Cézanne (1839 – 1906)
Il est considéré comme le père de tous les grands de l’art moderne,et comme un post-impressionniste. Contrairement à Renoir, il réfléchit constamment à la peinture, toutes ses toiles ont ont été refusées au Salon. Il peint sur le motif, il fragmente la touche, il n’aime pas ce qui est fugitif et instantané, il voulait faire un art « solide comme celui des musées« . Il cherche à synthétiser différents moments dans une même toile, mais pas une lumière particulière.
Il ne s’intéresse pas aux sujets de la vie moderne (il réalise des paysages, des nus, des portraits) alors que les autres font des reportages de la vie moderne.
Il n’aime pas les « japonaiseries« . Il est très attaché à dire la troisième dimension, mais avec d’autres techniques. Il peint avec une extrême lenteur. Il n’a jamais voyagé (en dehors d’Aix et de Paris). Son approche de la peinture est différente de celle des impressionnistes.
Auto portrait 1866. Difficulté dans les rapports sociaux, la peinture n’a été que son unique raison d’être et a mobilisé toute son énergie. Il ne veut pas être distrait.
Paul Cézanne – Portrait de son père (1866) Galerie nationale d’art, Washington
Père de Cézanne Louis-Auguste en 1866. Il n’a jamais compris son fils. Grand format (2m de hauteur). Il a remplacé le journal conservateur de son père par le L’événement journal libéral, qui a édité des articles de son ami d’enfance, Émile Zola, à l’arrière plan une nature morte de Cézanne. En fait c’est un portrait curieusement tendre. Cézanne semble voir son père comme il a rêvé qu’il fut. Nous ne voyons pas ses yeux seulement la bouche ironique.
Cezanne fit toutes ses études à Aix, acquérant une solide culture classique et se liant d’une profonde amitié avec quelques-uns de ses camarades de collège, au premier rang desquels Émile Zola, alors son confident le plus intime. Son père le destinait au droit, et il s’inscrivit à la faculté d’Aix en 1858. Sa vocation artistique était pourtant déjà suffisamment affirmée (il avait suivi les cours de l’école gratuite de dessin depuis 1857) pour qu’il songe à aller étudier la peinture à Paris.. Il prend des cours à l’école d’Aix échange de lettres avec Zola qui part à Paris. Cézanne va faire deux années de droit à Aix, il copie des œuvres au musée Granet. Son père achète la propriété du Jaz de Bouffan (ancienne résidence d’été des gouverneurs de Provence).
Il rejoint Paris et s’inscrit à l’académie Suisse, il y rencontre C. Pissarro, C. Monet et A. Renoir. Il passe beaucoup de temps au Louvre, il est refusé à l’école des beaux arts et retourne à Aix.
Retour à Paris, encore refusé à l’école des beaux arts, participe aux réunions des jeunes peintres qu café Guerbois, il ne se sent pas intégré au groupe, il déteste les conversations politiques. Aller retour entre Paris et Aix.
Les toutes premières œuvres de Cézanne n’ont pas grand chose à voir avec celles de ses amis impressionnistes, dont il ne partage alors que l’ambition, le désir de nouveauté, et la révolte contre les normes académiques.
De 1862 à 1870 « période couillarde« , et que les historiens nomment sa période romantique ou sa phase baroque, influencée par les baroques italiens ou espagnols.
Durant cette période, Cézanne peint des tableaux lourds de matière, dans lesquels il développe des scènes imaginaires, sombres et violentes. Toutes ses toiles seront refusées au Salon.
Paul Cézanne – L’enlèvement (1867) Fitzwilliam Museum,Cambridge
L’enlèvement 1867
Il est d’abord séduit par le romantisme de Delacroix, et fait entrer dans ses sujets et ses compositions les obsessions qui l’habitent (Sensualité refoulée du jeune Cézanne). La violence dramatique de ses sujets est rendue par des couleurs sombres.
Paul Cézanne – Le festin (1867) Fitzwilliam Museum,Cambridge
1867 le festin ou l’orgie il est toujours influencé par les artistes classiques
Paul Cézanne – Une moderne Olympia (1869) Collection privée
1869 une moderne Olympia (première version). Une réponse à l’Olympia de Manet. Il se représente au premier plan vu de dos. Pose de la jeune femme étonnante, comme surprise, la couleur blanche est centrale et le reste plus sombre. Voir commentaire.
Vient ensuite la période « impressionniste », sous l’influence de Pissarro, auprès duquel il s’installe à Auvers-sur-Oise, vers 1872-1873
Il y fréquente Van Gogh, Guillaumin et le docteur Gachet. Dans ses œuvres d’alors, le ton, par touches toujours épaisses mais plus subtiles que dans la période romantique, se substitue au modelé classique, sa palette s’éclaircit.
Durant la guerre de 1870 il est à l’Estaque avec sa femme Hortense Fiquet.
La rencontre avec Pissarro Cézanne peint aux côtés de Camille Pissarro et les deux artistes s’influencent mutuellement. Pendant cette période qui durera onze ans, Cézanne peint souvent à Auvers-sur-Oise où il s’installe pour un temps avec Hortense et le petit Paul.
Pissarro, doté d’un tempérament calme, au contraire du jeune Aixois – qui se comporte comme un écorché vif – exécute, lui, de petits paysages à la Corot. Entre les deux hommes se noue une amitié qui durera une vingtaine d’années. Camille et Paul ont en commun l’indépendance d’esprit et le refus de l’académisme.
Le paysage et la lumière du Vexin, aux antipodes de ceux de sa Provence natale, apportent au rebelle l’apaisement. Paul et Camille peignent de concert, pas obligatoirement sur les mêmes motifs, mais côte à côte, dans la nature ou en atelier. Il lui fait abandonner ses couleurs sombres et lui apprend à procéder par petites touches. Il s’est apaisé, et il a progressé très vite.
En 1902, il exprimera sa dette à l’égard de Pissarro. «Ce fut un père pour moi, dira-t-il. C’était un homme à consulter et quelque chose comme le bon Dieu.»
Paul Cézanne – Une moderne Olympia (1873-1874) Musée d’Orsay
Quelques années plus tard, Cézanne abordé ce thème une fois de plus, mais cette deuxième version était très différente, très lumineuse, avec des couleurs éclatantes et son exécution brillante qui rappellent des tableaux de Fragonard. A cette époque, le style de Cézanne se déplaçait vers l’impressionnisme. La critique a été très acerbe (délire du peintre). Voir un commentaire.
Paul Cézanne – La tentation de Saint Antoine (première version) (1875) Musée d’Orsay
La tentation de saint Antoine approche très ronde peinture épaisse. A l’instar de Courbet ou de Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Cézanne. Il peint la tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert.
Paul Cézanne – La tentation de Saint Antoine (deuxième version) (1877) Musée d’Orsay
La sensualité de Cézanne va ensuite s’atténuer, il gardera une grande appréhension vis à vis des femmes, malgré son mariage avec Horthence Fliquet (phobie vis à vis du corps Féminin).
Paul Cézanne – L’éternel féminin (1877) The J. Paul Getty Museum, Los Angeles
Femme au centre observée par un groupe d’homme qui ont des fonctions spécifiques (évêque, musicien etc.) rigueur géométrique, axe de symétrie verticale, horizontal en haut. Étrange peinture, plutôt baroque et un brin provocateur, elle traduit certaines obsessions sexuelles du peintre, tout à fait contemporaines à situer entre l’Olympia (1863) de Manet et les poses langoureuses des Polynésiennes de Gauguin.
Paul Cézanne – Autoportrait (1873) Musée du Jeu de Paume Paris
1873 autoportrait. Comme il peignait très lentement, il était difficile pour Cézanne de trouver des modèles suffisamment patients… Cela aussi explique aussi ses nombreux autoportraits. C’est le portrait d’un homme à l’aspect bourru la peinture est épaisse.
Paul Cézanne – La maison du pendu (1873) Musée d’Orsay Paris
Maison du pendu à Auvers- sur-Oise, où rencontre le docteur Gachet. C’est un des seuls tableaux vendu à la première exposition impressionniste. Il fait connaissance du père Tanguy, marchand de couleurs chez qui il rencontre Van Gogh.
Il présente 16 tableaux à la 3ieme exposition impressionniste tous sont très critiqués. Son père réduit sa pension, Zola lui vient en aide. Il visite Zola à Médan, nouveau refus au Salon, il décide de ne plus présenter de tableaux.
Rupture avec Zola après la parution de l’œuvre. (Après avoir lu le livre, il écrit sa dernière lettre à Zola et termine par ses mots : « Tout à toi sous l’impulsion des temps écoulés ».). En 1886, il épouse Hortense, son père meurt, période de plénitude artistique ensuite.
En 1895, la rétrospective organisée par Ambroise Vollard, jeune marchand d’art de 27 ans, où 150 de ses œuvres sont exposées, allait marquer un tournant pour Cézanne, jusqu’alors rejeté au Salon et peu apprécié lors des expositions impressionnistes. Cézanne est alors découvert : par ses anciens amis, qui ignoraient en fait beaucoup de son évolution, mais aussi par de jeunes artistes pour qui il est un point d’ancrage, une référence immédiate.
– En 1899 vente du Jaz de Bouffan et emménagement rue Boulegon,
– En 1902 aménagement dans son nouvel atelier et mort de Zola.
– Il meurt en 1906 suite à une pneumonie.
Entre 1902 et 1906 de nombreux jeunes artistes venaient à Aix rencontrer le maître.
En 1907 le Salon d’automne présente une grande rétrospective de son travail. C’est cette exposition qui a ébranlé beaucoup de peintres de cette époque (Picasso et Matisse).






















